Sêmeia lève 21 millions d’euros pour sortir les patients chroniques de l’angle mort

Sêmeia lève 21 millions d’euros pour étendre MedicWise, sa solution de télésurveillance déjà utilisée auprès de 35 000 patients. L’entreprise toulousaine veut élargir ses usages, renforcer l’IA et inscrire le suivi à distance des maladies chroniques dans le quotidien du soin.

La médecine avance souvent à rebours de ses propres urgences. Elle sait produire des données, multiplier les examens, documenter les parcours, mais peine encore à suivre les patients quand ils quittent le cabinet, l’hôpital ou le service spécialisé. C’est précisément dans cet entre-deux que s’est installée Sêmeia.

Fondée à Toulouse en 2017 par Pierre Hornus, Daniel Szeftel et Mathieu Godart, l’entreprise annonce une levée de 21 millions d’euros pour accélérer le développement de MedicWise, sa solution de télésurveillance médicale. L’outil est déjà utilisé par plus de 500 équipes de soins et permet le suivi de 35 000 patients dans plusieurs domaines, notamment la néphrologie, la transplantation, la santé mentale et la cardiologie.

MedicWise collecte et organise des données de santé (résultats biologiques, paramètres physiologiques, questionnaires patients, scores cliniques) afin de faire remonter les alertes pertinentes aux soignants. La promesse n’est pas de remplacer le médecin par une machine savante, mais de rendre plus lisible ce qui, trop souvent, se disperse dans les logiciels, les comptes rendus et les silences entre deux consultations.

Sêmeia s’est d’abord imposée en néphrologie, où l’entreprise revendique des résultats sur la réduction des hospitalisations et du temps médical mobilisé. Elle met également en avant des données en santé mentale, issues d’un suivi de patients bipolaires, ainsi qu’en transplantation pulmonaire. Dans un secteur où la démonstration compte davantage que le vocabulaire de salon, ces éléments donnent à l’entreprise une position moins fragile que beaucoup d’acteurs du numérique en santé.

Cette levée réunit notamment Acton Capital, Mutuelles Impact, Citizen Capital, Banque des Territoires et Orange Ventures. Elle doit permettre à Sêmeia d’étendre ses usages à de nouvelles pathologies : dépression, diabète de type 2, maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ou maladies chroniques du foie. L’entreprise prévoit aussi de renforcer ses travaux autour de l’intelligence artificielle, avec des modèles prédictifs, la détection de signaux faibles et l’automatisation de certaines tâches.

Sur la photo : Pierre Hornus, Daniel Szeftel et Mathieu Godart, les fondateurs de Sêmeia (©Sêmeia).