Eat & Work, le robot qui veut réveiller les communautés assoupies

Créée à Toulouse par Bruno Ramaël, Eat & Work est née d’une idée simple : faire du déjeuner un moment de réseautage entre professionnels. D’abord pensée comme une communauté ouverte, la startup s’est heurtée à une limite classique (beaucoup d’inscrits, peu d’interactions) avant de se recentrer sur un robot “animateur virtuel” capable de provoquer des rencontres et de faire vivre des communautés existantes. Incubée au Starter à Toulouse, elle vise aujourd’hui surtout les réseaux alumni, mais aussi les incubateurs, associations et salons professionnels.

Une communauté ne disparaît pas toujours ; elle se vide plus discrètement. Les gens restent là, mais n’interagissent plus. Certains finissent même par « se désabonner mentalement », selon Bruno Ramaël. Le problème, à ses yeux, n’est donc pas d’abord de recruter, mais d’animer.

« Nous sommes des community builders », lance l’entrepreneur. La formule désigne une tâche très concrète : faire vivre une communauté. Or ce travail est lourd. Il faut organiser, relancer, publier, susciter des rendez-vous, et très peu de structures ont les moyens de consacrer des ressources entières à cette intendance du lien. C’est justement sur cette fatigue de l’animation qu’Eat & Work construit sa promesse.

Un projet né à l’heure du déjeuner

L’idée de départ est née un midi. Les afterworks du soir ne correspondant ni à son rythme ni à ses priorités, Bruno Ramaël réalise que le déjeuner est pour lui le seul moment où il peut rencontrer des gens. « J’ai voulu créer une communauté et essayer de la dynamiser pour qu’elle se rencontre, pour que chaque midi soit une opportunité d’échanger des cartes. » La première version d’Eat & Work est née ainsi.

Au début du projet, Eat & Work réunit rapidement 300 entrepreneurs sur la plateforme, sans obtenir l’engagement attendu, et surtout « sans business model ». Bruno Ramaël s’est rendu compte de sa première erreur : laisser l’initiative aux membres. « Au départ, ce sont les gens qui créaient eux-mêmes les événements. Cela ne fonctionnait pas. » Autrement dit, beaucoup veulent appartenir à un réseau ; beaucoup moins veulent l’animer.

Le robot contre l’inertie

C’est là qu’intervient le cœur du produit : Probot, un “animateur virtuel” chargé de faire ce travail répétitif à la place du groupe.

Le fonctionnement est volontairement simple. Le système demande d’abord si les membres veulent se rencontrer, puis affine : quel jour, quel créneau, dans quel délai. « Il commence par demander : “Ça vous dit que j’organise un moment ?” Ensuite : “lundi, mardi, dans deux semaines ?”. À partir de là, il trouve le bon chemin », explique le fondateur d’Eat & Work. Quand il n’y a pas assez de réponses, il relance ; quand le seuil est atteint, il crée un mini-groupe. Une partie de la friction logistique qui empêche souvent une rencontre d’avoir lieu disparaît.

Des entrepreneurs aux alumni

Désormais, la jeune pousse cible des communautés plus structurées : les réseaux alumni.

Le raisonnement est cohérent. Dans beaucoup d’écoles, les promotions se succèdent sans se parler, sauf lorsqu’il faut demander un stage ou solliciter une intervention. « Si l’on veut un vrai sentiment d’appartenance, il faut créer des occasions de rencontre. »

La logique reste la même ailleurs : incubateurs, pépinières, associations, voire salons professionnels. Quant à la question « Pourquoi Toulouse ? », Bruno Ramaël répond : « C’est notre laboratoire », en précisant que le produit est pensé pour être déployé à plus grande échelle, y compris à l’international.

Humans After All

Le discours de Bruno Ramaël s’appuie aussi sur une lassitude plus large des usages numériques. « LinkedIn, les gens commencent à s’en lasser », dit-il. Plus largement, il estime que « les gens veulent revenir à l’humain ». C’est tout le paradoxe du projet : Eat & Work ajoute de l’automatisation, non pour éloigner encore davantage les relations, mais pour remettre du présentiel dans des communautés devenues trop abstraites. « Le présentiel n’a jamais disparu », affirme Bruno Ramaël. Encore faut-il lui redonner une occasion d’exister.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur www.eat-and-work.com

Pour rejoindre le télégram de la communauté Eat & Work, rendez-vous au lien suivant : http://t.me/eat_and_work