Montpellier veut réduire sa dépendance à Microsoft et aux géants américains du numérique

La Ville et la Métropole de Montpellier ont adopté une stratégie visant à réduire leur dépendance aux logiciels extra-européens. Parmi les principaux chantiers figure le remplacement progressif de Microsoft 365, utilisé par plusieurs milliers d’agents. Une transition qui devrait prendre plusieurs années.

Word, Excel ou encore Teams pourraient progressivement disparaître des ordinateurs des agents de Montpellier. Les 6 et 13 octobre, la Ville et la Métropole ont adopté à l’unanimité une feuille de route en faveur de leur souveraineté numérique. L’objectif est de réduire leur dépendance aux grandes entreprises technologiques étrangères, notamment américaines, en privilégiant des solutions européennes et interopérables.

La suite collaborative de Microsoft constitue l’un des principaux chantiers. Selon les informations de La Tribune, la suite collaborative de Microsoft représente une dépense de 1,8 million d’euros par an pour quelque 7 000 agents. Le contrat actuel arrive à échéance en décembre 2027, mais la collectivité envisage une sortie progressive, compte tenu des contraintes techniques et budgétaires.

Un chantier technique et organisationnel

Avant de choisir de nouveaux outils, les services informatiques devront étudier les usages des agents et vérifier la compatibilité des solutions alternatives avec les applications métiers existantes. La migration suppose également de transférer les données, d’adapter certains systèmes et d’accompagner les utilisateurs. Les collectivités n’ont pas encore arrêté l’ensemble des logiciels qui remplaceront Microsoft 365.

La démarche dépasse d’ailleurs la seule bureautique. Montpellier envisage de créer un opérateur public de souveraineté numérique, destiné à mutualiser les compétences et les infrastructures informatiques de la Ville, de la Métropole et de plusieurs organismes publics locaux. Cette structure pourrait intervenir dans la cybersécurité, la gestion des données, l’intelligence artificielle ou encore les services numériques aux usagers. Dans un entretien accordé à Smart City Mag, Manu Reynaud, élu chargé de la souveraineté numérique, précise que la création juridique de cet opérateur est envisagée au second semestre 2027. La Ville et la Métropole doivent encore définir son statut et sa gouvernance.

Le projet s’inscrit dans la démarche nationale TIE Break, qui réunit plusieurs collectivités souhaitant mieux mesurer et réduire leurs dépendances technologiques. Un premier diagnostic réalisé à Montpellier estime à près de 52 % la part de dépendance aux technologies extra-européennes.

Pour la collectivité, le défi sera désormais de concilier cette volonté d’autonomie avec les besoins quotidiens des agents et les contraintes budgétaires. La stratégie a été votée, mais les choix techniques et le calendrier précis de la transition restent encore à définir.