Getinside lève 3,2 millions d’euros pour ouvrir le retail media aux e-commerçants

Fondée en 2022 à Toulouse par Maxime Garrigues, getinside annonce une levée d’amorçage de 3,2 millions d’euros. La start-up veut permettre aux marchands en ligne, y compris les plus petits, de monétiser leur audience via une plateforme de campagnes publicitaires intégrées au parcours client.

À Toulouse, place Dupuy, Maxime Garrigues mène deux vies qui se répondent. D’un côté, un espace de coworking. De l’autre, une obsession plus rentable encore que les mètres carrés : le trafic des e-commerçants. Sa start-up, getinside, fondée en 2022, vient de boucler une levée de fonds d’amorçage de 3,2 millions d’euros pour transformer cette audience en ligne de revenus publicitaires.

Le tour se découpe proprement : 2 millions d’euros en equity, 1,2 million en dette. Au capital, getinside accueille La Poste Ventures (fonds initié par La Poste et géré par XAnge), Swiss Post Ventures, 50 Partners et Clover. Founders Future, déjà présent au pré-amorçage, remet au pot. Le cap affiché est simple : rendre le retail media accessible aux e-commerçants “quelle que soit leur taille”, autrement dit sortir cette mécanique publicitaire de la seule portée des géants.

Le moment n’est pas neutre pour les marchands en ligne. Le marché de l’e-commerce est décrit comme “tendu” et getinside vient se brancher là où les boutiques ont encore un actif massif, souvent sous-exploité : leur audience clients. L’idée, portée par Maxime Garrigues, consiste à considérer les e-commerçants comme des détenteurs de communauté activable via plusieurs points de contact, et à leur donner un outil pour monétiser ce capital avec un investissement humain et technologique présenté comme faible.

Techniquement, la promesse passe par une plateforme qui permet à un marchand de bâtir son catalogue d’espaces publicitaires, puis de diffuser des campagnes proposées par des annonceurs sélectionnés. Le retail media, ici, n’est pas un mot-valise : c’est la monétisation d’un trafic e-commerce via des formats publicitaires intégrés au parcours client. Pour certains utilisateurs, getinside avance un résultat qui parle aux directions financières : jusqu’à 2 % de chiffre d’affaires additionnel, avec une marge nette supérieure à 70 %.

La trajectoire du produit raconte aussi l’évolution du marché. Aux débuts, getinside s’est fait connaître avec une mécanique très concrète : glisser de la publicité dans les colis (leaflets, échantillons). Depuis, l’offre s’est étendue vers des “scénarios d’activation” plus larges, où les marques sponsorisent des moments identifiables du cycle d’achat : message de bienvenue, post-achat, unboxing. Les formats suivent : e-mailing, bannières, publications sociales, avec l’ambition d’une insertion cohérente dans l’expérience client.

Côté adoption, l’entreprise revendique plus de 300 annonceurs capables de configurer et délivrer des campagnes “en quelques clics”. Le compteur interne affiche aussi 950 campagnes réalisées à date. Sur l’année 2025, getinside déclare 1,6 million d’euros de chiffre d’affaires généré par la plateforme.

Avec 3,2 millions d’euros en caisse, une dette assumée et un actionnariat enrichi de fonds liés aux services postaux, getinside s’offre une marge de manœuvre pour pousser son pari : faire du retail media non pas un privilège de mastodontes, mais une option outillée, industrialisée, presque banale pour des e-commerçants qui cherchent de nouvelles respirations de revenus. Reste à voir jusqu’où cette “banalisation” peut aller quand chaque point de contact devient, potentiellement, un inventaire publicitaire.

Sur la photo: Maxime Garrigues, fondateur de getinside (©DR).