Adel Haddoud, président et fondateur, et l'équipe d'Infinite Orbits

Le toulousain Infinite Orbits s’étend au Luxembourg et au Royaume-Uni

En deux annonces, les 26 février et 3 mars, Infinite Orbits enchaîne les acquisitions : LMO au Luxembourg puis Lúnasa au Royaume-Uni. Objectif : renforcer ses briques logicielles de navigation et de manœuvres de proximité (RPO) pour ses services en orbite, dont Orbit Guard. Un signe de plus que le New Space européen entre dans une phase de consolidation nette.

Le New Space européen n’a plus vraiment des airs de conquête romantique : il commence à ressembler à un marché qui consolide, qui tranche, qui avale. Infinite Orbits, société toulousaine spécialisée dans le service en orbite (notamment la surveillance du trafic spatial) vient d’en donner une illustration très concrète avec deux acquisitions coup sur coup, annoncées le 26 février et le 3 mars.

Premier mouvement : le rachat au Luxembourg des activités de LMO, spécialiste de logiciels autonomes pour la maintenance en orbite et les manœuvres de proximité (RPO, rendez-vous compris). Ce n’est pas un achat “cosmétique” : l’idée est d’épaissir la brique logicielle d’Orbit Guard, le microsatellite de surveillance géostationnaire qu’Infinite Orbits développe. Autrement dit, on n’empile pas des logos : on sécurise une compétence clé, celle qui permet de se déplacer, d’approcher, d’opérer… bref, de faire autre chose que regarder le ciel.

Quelques jours plus tard, deuxième prise : Lúnasa, au Royaume-Uni, également positionnée sur la navigation et le RPO. Là encore, le geste est lisible : verrouiller une chaîne de capacités sur un segment devenu stratégique, celui où l’Europe découvre que l’espace est un milieu encombré… et que l’autonomie logicielle n’est pas un luxe.

Ce double mouvement raconte aussi un “darwinisme” très terrestre : certains écosystèmes plient plus vite. Au Luxembourg, LMO devient la deuxième cible en deux mois après Anywaves/EmTronix ; côté britannique, l’ambiance est à la fragilité, avec la crise d’Orbex et ses rachats avortés. Pendant ce temps, sur d’autres niches, les acteurs se regroupent aussi, comme Exotrail et Astroscale France sur la désorbitation. Moralité : dans le New Space, on parle toujours d’orbite, mais la gravité, elle, est économique.

Sur la photo: Adel Haddoud, président et fondateur, et l’équipe d’Infinite Orbits (©Infinite Orbits).