Avec son étude publiée en février 2026, l’OPCO Atlas dresse le portrait d’un numérique occitan déséquilibré : puissant par son poids dans l’emploi, déséquilibré par sa concentration géographique et par les difficultés persistantes de recrutement sur les métiers les plus qualifiés. Un signal fort pour un secteur stratégique, mais loin d’être homogène sur l’ensemble du territoire.
L’Occitanie confirme sa place dans l’économie numérique française, mais le dernier rapport d’Atlas invite à nuancer les discours trop euphoriques. Le numérique représente en effet le premier secteur du périmètre ATLAS dans la région, avec 43 683 salariés, soit un tiers des effectifs étudiés. Ce poids est supérieur à la moyenne nationale du secteur et s’explique en partie par la forte base industrielle régionale, notamment autour de Toulouse.
Cette puissance a toutefois un revers : la concentration territoriale. Neuf emplois numériques sur dix sont localisés en Haute-Garonne et dans l’Hérault. À elle seule, la Haute-Garonne capte 67 % des effectifs du secteur. Autrement dit, le dynamisme régional repose d’abord sur le couple Toulouse-Montpellier, tandis que le reste du territoire demeure beaucoup plus périphérique.
Autre enseignement majeur : le marché ralentit. Après 38 293 offres d’emploi en 2024 dans le périmètre ATLAS régional, le volume est tombé à 30 663 en 2025, soit une baisse de 20 % sur un an. Ce reflux ne signifie pas pour autant un effondrement : les postes proposés restent majoritairement stables, avec 80 % de CDI et 94 % de temps plein.
Dans ce contexte plus sélectif, les tensions de recrutement se concentrent sur les profils les plus qualifiés. L’architecte système d’information affiche un taux de tension de 67 %, devant les spécialistes des bases de données, les data scientists, les experts cybersécurité et les spécialistes réseaux. Les métiers du système d’information figurent aussi parmi les plus transformés, signe que les entreprises recherchent moins du volume que des compétences rares et immédiatement opérationnelles.
Enfin, l’Occitanie affiche une ambition forte sur l’intelligence artificielle, mais les embauches émergentes restent encore limitées. Les métiers IA et data pèsent moins lourd que le discours institutionnel pourrait le laisser croire.
